L’objectif de faire partager une expérience théâtrale à un groupe constitué est le même d’une structure à l’autre. Cependant il sera abordé de façon différente en fonction des pathologies et des résident(e)s.

Les objectifs de l’institution concernant cette activité sont également pris en compte afin de mettre en place un vrai partenariat.

Nous abordons différents axes de la technique théâtrale dans le but de parvenir à une présentation publique du travail avec une population en situation de handicap :

La concentration

Au fur et à mesure des séances, le groupe est de plus en plus attentif à l’écoute des consignes.

La mobilisation psychique

Sur la durée, leur  capacité de concentration et d’écoute se développent. Le groupe parvient progressivement à laisser de côté ses préoccupations, ses angoisses. C’est un peu comme une pause, ce qui laisse plus d’ouverture à l’expression.

L’écoute

Nous travaillons sous forme ludique, à une meilleure écoute des consignes mais également à une meilleure écoute des autres. Écouter permet de prendre conscience du monde extérieur et de se décentrer, le temps de la séance. Cette prise de conscience se répercute en dehors de l’atelier, dans le quotidien.

La verbalisation

Elle permet de faire émerger le sens de notre pensée. Nous travaillons à partir de situations, de textes, d’improvisations… Nous intervenons auprès de résident(e)s qui ont accès au langage mais pour d’autres, la verbalisation est moins facile, voire inexistante. Dans ce cas, nous explorons une variété de sonorités au travers de jeux d’expressions et tentons de mettre en cohérence l’expression sonore avec le mouvement, l’émotion ou l’action.

L’expression des émotions

L’espace théâtral est un lieu «libérateur» et adapté pour l’expression des sentiments, des émotions. Nous cherchons, au travers du jeu, à faire prendre conscience qu’il est possible de moduler le ressenti de ce que nous percevons de l’extérieur (agressivité, peur, joie….) et d’élargir les possibilités d’y répondre. Cette étape est en lien direct avec la verbalisation mais également avec la mobilisation du corps.

La mobilisation du corps

C’est une étape fondamentale pour accéder à l’expression. Nous cherchons à faire accepter aux participant(e)s leurs limites et à découvrir leurs capacités.  Au travers du jeu, le groupe prend conscience des différentes parties du corps et des possibilités de s’en servir pour s’exprimer.

La situation dans l’espace

Il faut savoir où nous nous trouvons sur la scène, par rapport à quel partenaire et où se situe le public.

Cependant, l’espace dédié au jeu, contenant par ses limites, peut sembler être un gouffre pour certain(e)s et être source de perturbations. Nous abordons donc cet espace d’abord en groupe afin de rassurer.  Chaque participant(e) investit ensuite seul(e) cet espace de façon plus détendue. Les autres qui le regardent, se trouvent  dans un autre espace, face à la scène. Ils sont spectateurs. Nous veillons à leur concentration afin de les faire verbaliser ce qu’ils ont vu et entendu.

La mémoire

Par la répétition, nécessaire à toute réalisation, nous abordons la mémorisation :

  • La mémoire corporelle des gestes, des postures, des déplacements.
  • La mémoire des émotions en relation avec une action, un texte, une situation.

L’imagination

Elle donne une perception différente de la réalité. Nous transformons la réalité par des images mentales. Le groupe est invité à se projeter dans une situation qui n’est pas la réalité par des consignes comme :

  • Et si la nuit ne tombait pas ce soir ? Qu’est-ce qu’on ferait ?
  • Et si mon chien se mettait à parler ? Qu’est-ce qu’il dirait ?

Chacun(e) se représente la scène afin d’en devenir acteur.

Les répétitions

Un texte théâtral, proposé par l’artiste, sera le support de la création. Les « acteurs » devront utiliser plusieurs des compétences travaillées précédemment : la mémorisation du texte, l’expression des émotions, les places et les déplacements. Ils doivent écouter leurs partenaires et prendre conscience du public. C’est une étape difficile. Le temps des répétitions doit être ajusté aux difficultés de chacun(e).

La(les) représentation(s)

C’est un moment fort pour les « comédien(ne)s ». Le public est composé des parents, des familles, des équipes mais, quand c’est possible, nous « exportons » le spectacle. Le groupe peut jouer dans d’autres institutions, participer à des festivals ou encore présenter son travail dans des collèges ou des lycées.

C’est une façon de favoriser l’intégration du monde du handicap dans la ville.

Nous pouvons parfois envisager des liens avec d’autres activités de l’institution pour réaliser les accessoires, un élément de décor…

Nous encourageons aussi les équipes, les référent(e)s des ateliers, à organiser une sortie au théâtre dans un lieu proche.

Cette expérience laisse des traces positives chez les participant(e)s. Le regard des familles et des équipes est indéniablement très positif.

Tous les progrès réalisés sont des outils pour un « mieux vivre ». 

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